Faire ensemble s’apprend ! Tel était le parti pris de l’Université d’été Révolution Sensible 2018, co-organisée et animée cette année par Mathilde Elie de Latitude Créative et Sonia Woelfflin, designer pour Prima Terra.

Nous avons hybridé les méthodologies créatives et les supports pédagogiques développés par Prima Terra et Latitude Créative pour croiser nos expertises sur l’accompagnement de collectifs et d’espaces partagés de création.

Le principe de la formation était d’accueillir des personnes porteuses de projets de lieux partagés ou intéressées par le sujet dans un lieu lui-même en transition. Cette année, le TU-Nantes était le cas d’étude des trois jours de formation. Ce théâtre, proposant des spectacles contemporains de théâtre et danse, a initié un processus de réinvention, en particulier autour du partage de son espace artistique et de son inscription sur le territoire.

 

 

Résolument tournée vers le partage, l’Université d’été 2018 a favorisé les échanges entre participants, qui étaient à différents stades d’avancement de leurs projets, et avec les salariés du lieu. Théâtre, jeux, quizz, mises en situation, prototypage et création ont permis aux participants de s’immerger dans les problématiques abordées pendant les trois jours. Cela a permis de leur donner des outils pour animer eux-mêmes par la suite la constitution et le renforcement de leur collectif dans leur propre lieu.

 

Une première journée pour apprendre à poser les bases d’un collectif

 

Après un jeu d’interconnaissance pendant le temps d’accueil et un tour de table sur les attentes des participants, nous les avons aidé à identifier les valeurs du groupe et leur raison d’être collective. Ces exercices ont été l’occasion pour eux d’expérimenter la prise de décision par consensus et le débat butiné.

Ces deux étapes ont été l’occasion de commencer à créer l’arbre du groupe, un outil visuel créé par Sonia et moi-même pour rendre visuelles les principales composantes d’un groupe.

Le groupe a fait émerger 8 valeurs communes : créativité, coopération, éthique, plaisir, bien-être social, ouverture à la diversité, intelligence collective, sensibilité à l’environnement, qui ont servi de base pour rédiger cette belle raison d’être pour les trois jours passés ensemble :

“Expérimenter un temps de recherche et de partage autour du faire ensemble.”

 

 

Ensuite, nous avons incité les participants à rêver ensemble en déterminant tout ce qu’ils voudraient mettre dans leur lieu, puis réfléchir à comment passer du rêve à la réalité, à partir des contraintes d’un lieu réel (localisation, taille, disposition des espaces, équipements possibles…). Cette étape a été l’occasion pour les salariés du TU d’expliquer aux participants les contraintes liées à un lieu recevant du public (règles de sécurité et d’hygiène, de circulation, de bruit etc). Il s’agissait aussi de s’interroger sur la cohérence globale du projet et les motivations qui poussent à vouloir créer un lieu partagé.

 

 

Après un repas partagé et un petit jeu pour retenir les prénoms, l’après-midi était dédié à l’exploration des projets de chacun et l’entraide entre participants, grâce à un atelier d’enrichissement de projet.

 

 

Nous avons aussi initié une cartographie partagée des ressources existantes sur le territoire et des convergences possibles entre les différents projets, à l’aide du jeu Fabrique ta Révolution Sensible.

En début de soirée, nous sommes partis à la découverte d’un lieu partagé sur l’espace public : la Nizanerie.

 

Une deuxième journée pour mettre en place les composantes techniques de son lieu

 

La deuxième matinée était dédiée au cadrage de son projet : présentation et expérimentation des principes d’une gouvernance partagée, quizz pour balayer des idées reçues sur les statuts juridiques, présentation de Jean-Claude Boldrini sur les modèles d’affaires de l’économie circulaire créative… Visant à leur donner les clefs pour cadrer au mieux leur projet, ces quelques heures ont été les plus studieuses de la formation !

En prévision du prototypage de l’après-midi, Stations Services, la recyclerie nantaise de matières premières, a clos cette matinée avec une sensibilisation à l’éco-conception.

En début d’après-midi, place au jeu ! A travers le jeu sérieux « Communication impossible ? », créé par Latitude Créative et Sonia Woelfflin, les participants ont expérimenté – via un jeu de rôle – la gestion des conflits dans un lieu partagé.

 

 

Pour finir la journée, nous avons entamé la partie « Faire » de la formation. Les participants ont imaginé des nouveaux aménagements pour le TU-Nantes, afin de favoriser son ouverture et la lisibilité de sa transformation en lieu partagé.

Trois groupes ont émergé : l’un souhaitant travailler sur la signalétique, un autre sur la connexion aux espaces extérieurs et le dernier s’attelant à l’aménagement des espaces intérieurs.

 

Une dernière journée pour fabriquer et faire connaître son projet

 

La dernière matinée était celle de la création. A partir de matériaux récupérés à Station Service, les participants ont éco-conçu de nouveaux aménagements.

Un mot d’ordre : lâcher-prise et créativité.

Un petit jeu en début de matinée a permis de stimuler leur imagination et à permis de commencer la journée en s’amusant.

La force du groupe s’est réellement révélée lors de cette matinée. En à peine quelques heures, des aménagements ont fleuri de tous côtés.

Une salle de sieste et un espace calme pour pouvoir s’isoler, se reposer et lire ou discuter tranquillement a été créé et pris d’assaut toute la journée par les participants.

Un fil rouge a permis de mettre en avant des propositions peu visibles comme la mise à disposition de journaux, de magazines et de jeux. Les cuillers et le sucre ont aussi trouvé leur place en lévitation pour faciliter le travail au bar.

De grands panneaux bleu et jaune ont mis en avant l’esprit décalé du lieu.

 

 

Pour les espaces extérieurs, les participants ont décidé de créer un lien décalé avec le campus sur lequel se trouve le théâtre : un hôtel à insectes, appelé Cocci’tel, interpelle sur les logements étudiants, une table de ping pong et un mini-golf ironisent sur le parcours des étudiants, depuis leur entrée à la faculté, jusqu’à leur transformation en coursiers à vélo.

 

 

La visite guidée des différentes installations a été un grand moment de rires et de partage.

Si tous les aménagements ne pourront pas rester, notamment pour des raisons de sécurité, certains ont déjà trouvé leur place dans le lieu. Cette expérience a permis de sensibiliser les participants sur la possibilité de réaliser des aménagements originaux et à moindre coût, pour tester et favoriser les usages.

 

 

Pour clore la formation, nous avons travaillé sur les différentes manières de valoriser son projet. L’organisation collective de la soirée publique de clôture de la formation a été une occasion de mettre en pratique cette présentation. La soirée a permis de célébrer ces trois jours partagés et de donner à voir les résultats de ces trois jours intenses et riches !